Suite aux tests menés sur la version 3 des prototypes PARADEP en Décembre 2020, les dernières modifications précédemment requises ont été apportées à l’étui. Un nouveau modèle de mousqueton a également été produit, ce dernier étant maintenant de forme circulaire. La forme générale de l’étui n’a en revanche pas évolué. La majeure modification a porté sur le filet utilisé pour concevoir l’épervier. Pour ces tests, notre choix s’est porté sur un filet en polyéthylène haute densité (PEHD) avec des mailles de 16mm de côté. Des segments de métal ont été rajoutés aux filets afin d’en améliorer le déploiement et l’ouverture. Nous avons également modifié la forme de l’épervier et avons choisi deux voiles rectangulaires. Deux dimensions de voiles ont été testées : 100cm*80cm et 100cm*60cm.

Compte tenu des restrictions sanitaires empêchant de mener les expérimentations sur le terrain en Métropole, les tests de cette dernière version du prototype ont été menés fin Mars 2021 à La Réunion par Marc Soria, Nicolas Guillon (NEXA CITEB et collaborateur du projet, http://www.nexa.re/accueil/) et le club de plongée Dodo Palmé (https://dodopalme.fr/). Les expérimentations ont été menées au cours de 4 demi-journées. Le protocole mis en œuvre est similaire aux protocoles utilisés précédemment : 3 plongeurs se mettent à l’eau et filment le comportement des prototypes, depuis leur déclenchement jusqu’à leur descente au niveau de l’hameçon. Des tests de déclenchements intempestifs au cours de simulations de filage et de virage ont aussi été effectués.

Les vidéos sont en cours d’analyse par notre nouvelle stagiaire Jordane Limonet (3è année Intechmer, en stage dans le cadre du projet d’Avril à Septembre 2021). Néanmoins, les premiers résultats indiquent que les étuis et le mousqueton nécessitent encore quelques ajustements avant d’être pleinement fonctionnels. Ces demandes d’améliorations ont été transmises au bureau d’étude en charge de la conception du dispositif, et sont en train d’être prises en compte pour la prochaine version. Par ailleurs, le matériau choisi pour le filet montre une trop grande rigidité qui ne lui permet pas de se déployer comme nous l’attendons. Nous poursuivons donc notre recherche du filet adéquat. Un modèle que nous avons identifié comme potentiellement intéressant nous sera livré prochainement et nous pourrons alors reprendre nos tests.

Cet article sera mis à jour dès que les résultats issus de l’analyse exhaustive des images seront disponibles.

 

 

 

 

 

 

 

Les tests effectués sur les versions 1 et 2 du dispositif PARADEP ont permis de mettre en avant les améliorations à apporter pour pouvoir déployer ce dispositif sur les palangriers pélagiques. La version 3 du dispositif PARADEP repose sur un principe similaire et est toujours composée de 2 parties : un étui fixé sur l’avançon et une partie mobile comprenant un tore rectangulaire et deux voiles simulant la forme d’un épervier.

1. Description du prototype V3

  • L’étui

L’étui se présente sous la forme d’un pavé droit en acier inoxydable, avec une base de 8 cm de longueur et de 5 cm de largeur, une hauteur de 13 cm (sans l’ogive en liège qui ajoute une hauteur de 5 cm à l’ensemble). Cette taille permet une bonne prise en main du dispositif, ce qui facilite sa manipulation auprès des pêcheurs. La partie supérieure de l’étui comporte une ogive en liège de 5 cm de hauteur qui permet de compenser la flottabilité négative du dispositif dans l’eau. Ce compartiment en liège en forme de dôme favorise l’hydrodynamisme du dispositif au cours de la remontée de l’avançon pendant le virage. L’étui est fixé sur l’avançon à l’aide d’une pince qui se ferme sur une lame de verrouillage. Ce système permet une accroche rapide sur l’avançon. L’avançon est inséré dans l’étui au travers d’une fente placée sur l’extrémité réduite du tore rectangulaire. Ce dernier est rangé dans la face inférieure de l’étui qui est ouverte. La face inférieure est close par un crochet qui se verrouille sur deux lames ressorts situés sur le bas de la face avant.

 

  • L’épervier

La partie mobile est composée d’un épervier en deux parties (inspiré de la technique de pêche éponyme), attaché sur un anneau rectangulaire métallique comprenant une extrémité réduite ouverte. L’épervier correspond à deux pièces pyramidales découpées dans un filet tricoté en polyéthylène haute densité (PEHD). Cette découpe a été privilégiée pour diminuer le volume du filet pour permettre son insertion dans l’étui. Le filet en PEHD présente plusieurs avantages : un faible coût, un poids léger, une résistance à la rupture élevée et une imputrescibilité malgré des immersions prolongées dans l’eau de mer lui conférant une certaine durabilité. De plus, le filet permet une couverture visuelle intéressante et un faible taux d’emmêlement.

La pièce pyramidale de 100 cm de base a été lestée de 60 g par des olives en plomb. Un ourlet de 10 cm en tissu polyester est cousu au bas de chaque élément pour protéger les olives en plomb et limiter le risque d’emmêlement du filet avec les olives. Cet ourlet doit également maintenir l’épervier ouvert, l’écarter de l’avançon lors de sa descente le long de l’avançon vers la capture, puis aider au plaquage de l’épervier sur le corps du poisson capturé.

Le déclenchement du dispositif se fait par une traction sur l’avançon par le poisson hameçonné, ce qui entraîne une pression de l’anneau rectangulaire sur les lames ressorts et engendre leur déverrouillage puis la libération de l’anneau rectangulaire et de l’épervier. L’anneau rectangulaire équipé de l’épervier coulisse alors le long de l’avançon jusqu’au poisson. L’épervier se déploie ensuite autour du poisson afin de le couvrir.

 

2. Protocole des tests

Sur une ligne mère de 35 m de long, les 6 avançons de 7,5m de longueur sont déployés à une distance de 6 mètres les uns des autres. La ligne mère est maintenue à la surface par plusieurs bouées, installées tous les deux avançons sur la ligne, pour qu’elle ne coule pas sous le poids des dispositifs. Une ancre de 15 kg est fixée sous la bouée pour immobiliser le montage.  Sur chaque avançon, un exemplaire de chaque prototype de la V3 est accroché.  Des maquettes de poissons en résine ont été fixés à l’extrémité des 6 avançons afin de simuler le poisson capturé. L’avançon est accroché avec un snap sur la corde en surface, faisant office de ligne mère.

Une fois le montage immergé, trois plongeurs équipés de caméras sous-marines se mettent à l’eau. Pour chaque prototype, le plongeur (A) équipé d’une caméra filme des images du comportement du dispositif en contre-plongée. Il déclenche le dispositif en exerçant une tension sur le bas de l’avançon pour simuler une capture. A chaque déclenchement de dispositif, la partie mobile coulisse le long de l’avançon jusqu’à l’hameçon tandis que la partie fixe (étui) reste accrochée en haut de l’avançon. Le plongeur (B) filme le déclenchement et suit la descente du dispositif jusqu’à ce que l’épervier soit déployé autour du poisson. Le plongeur (C) filme l’ensemble de la manipulation pour fournir une vision globale du fonctionnement du prototype et de l’expérimentation.

Si la partie mobile (anneau + épervier) se bloque au cours de sa descente le long de l’avançon, le plongeur (B) montre à la caméra le nom du prototype et la source du blocage. Ensuite, le plongeur (A) tire à nouveau sur le bas de l’avançon pour essayer de le débloquer. Son intervention permet de vérifier si le mouvement d’un poisson capturé permettrait de débloquer le dispositif. S’il n’y parvient pas, le plongeur (B) débloque le dispositif afin de terminer le protocole.

 

3. Résultats des tests

  • La version 3 du dispositif PARADEP se rapproche des prérequis du projet PARADEP. La taille et le poids dans l’eau de la V3 correspondent relativement bien aux critères d’acceptabilité communiqués par les professionnels de la pêche. La taille relativement petite du dispositif favorise une manipulation facile et rapide et un encombrement moindre sur l’avançon. De plus, la compensation de la flottabilité négative par le liège amoindrit le poids de la partie mobile (tore rectangulaire et épervier lesté). Le comportement du dispositif immergé était satisfaisant, celui-ci est bien resté vertical.
  • Les tests ont démontré que le système d’accroche de l’étui sur l’avançon est un mécanisme rapide et simple à utiliser, mais son manque de fiabilité demande quelques améliorations. A plusieurs reprises, l’avançon s’est dérobé de sa gorge de guidage qui devait le maintenir au milieu de l’étui et a provoqué le glissement de l’étui le long de l’avançon. De même, l’étui a glissé le long de l’avançon sans que ce dernier ne soit sorti de la gorge. Dans les deux cas, le problème identifié est certainement dû aux manques de pression de la pince et de profondeur de l’encoche de maintien de l’avançon.
  • Le tore rectangulaire de la V3 n’a pas pu être équipé d’un système ouverture – fermeture à ressort qui équipe classiquement un mousqueton. Le passage de l’avançon dans le tore a donc été assuré par une fente découpée dans le renflement du tore qui sort de l’étui. Cette fente augmente les risques de sortie de l’avançon ainsi que l’emmêlement de l’épervier qui passerait au travers de la fente. Un tore rectangulaire fermé équipé d’un système d’ouverture – fermeture à ressort ou équivalent par rapport aux résultats attendus s’est révélé indispensable.
  • La matière des filets en polyéthylène haute densité (PEHD) s’est révélée satisfaisante, elle ne retient pas l’eau et conserve son poids après immersion. C’est une matière résistante, durable dans le temps, traitée pour être résistante aux UV et imputrescible. Cependant, le déploiement des éperviers ne s’est pas révélé satisfaisant lors des tests, cela pour plusieurs raisons : l’épervier occupe un volume trop important dans l’étui et n’en sort pas de façon fluide, la découpe des filets en forme pyramidale n’a pas permis un bon déploiement autour du poisson, l’ourlet en polyester est fragile et a tendance à se découdre et se déchirer, le lestage des éperviers est trop important et a contribué au mauvais déploiement des voiles. De plus, le dispositif a été immergé sur une courte durée. Un temps d’immersion plus long, comme ce sera le cas dans les conditions réelles de pêche à la palangre, permettrait sans doute un meilleur déploiement de l’épervier, qui sera soumis aux courants, aux turbulences et aux mouvements du poisson qui entraîneront son ouverture.

 

4. Perspectives

Cette version V3 se rapproche certainement de la version finale attendue par le projet. Quelques modifications sont encore requises, mais dans l’ensemble, les spécifications déterminées dans le cahier des charges ont été respectées lors de la conception de cette dernière version de l’étui. Le travail qu’il reste à effectuer pour parvenir à une version finale du prototype concerne :

  • la modification du tore rectangulaire en un système de mousqueton circulaire
  • le renforcement des lames ressorts et de la pince de maintien de l’étui sur l’avançon,
  • le développement d’un bourrelet pour assurer un effet levier sur le mousqueton pour l’ouverture du système de fermeture de l’étui,
  • la recherche d’un filet adéquat pour l’épervier et sa conception (forme, lestage, taille et tissu pour l’ourlet), afin qu’il occupe le moins de volume possible dans l’étui tout en offrant une protection satisfaisante de la capture,
  • l’ajout de segments de fil fin en acier inoxydable sur l’épervier pour en améliorer l’ouverture et la rigidité, et rajouter un effet protecteur lorsque les mammifères marins font de l’écholocation en modifiant la signature acoustique de la capture par l’utilisation de métal

La nouvelle version de l’étui tenant compte des modifications demandées a été réceptionnée mi-décembre 2020. Le filet avec la densité adéquate a également été identifié : il s’agit d’un filet en PEHD avec des mailles de 16mm de côté et un diamètre de fil de 0.8 mm. Un premier aperçu du comportement de l’étui et du nouveau filet est visible dans la vidéo suivante :

Compte tenu des restrictions liées à la crise sanitaire du COVID 19, les tests de validation du prototype sur le terrain auront lieu dès que les conditions sanitaires le permettront. Le compte-rendu de ces tests sera mis en ligne dès qu’ils auront été menés.

Compte tenu de la crise sanitaire liée au COVID 19, et les difficultés rencontrées par l’équipe à mener les tâches liées au développement et aux tests des prototypes dans des conditions normales, le projet a été prolongé de 6 mois et prendra fin le 30 juin 2021.

Tests des dispositifs V3

 

 

 

 

 

 

16/07/2020 – Tests en mer de la version #3 des dispositifs

Malgré un ralentissement lié à la crise sanitaire du coronavirus, les activités menées dans le cadre du projet PARADEP ont suivi leur cours. La dernière version (#V3) des dispositifs a été conçue durant cette période. Cette version a vu l’amélioration de l’étui et des voiles protectrices, conçues dans des filets en polyéthylène haute densité.

Les tests préliminaires de cette version ont eu lieu en mer le 16 juillet 2020 au large du brise-lames de Sète. Les expérimentations se sont déroulées à bord du bateau de plongée du club associatif Odyssée (http://odyssee-sub.org/). Le chantier de plongée a été encadré par Emmanuel Serval, président du club.

L’équipe de plongeurs était composée de 3 personnes (Philippe Sabarros, Romain Bach, Alexandre Mignucci). A bord, 5 personnes ont eu pour tâche de mettre à l’eau la palangre expérimentale, de disposer les avançons équipés des dispositifs sur la ligne-mère, de collecter les données, de prendre des images, de remonter la palangre à bord et de ranger les dispositifs (Pascal Bach, Chloé Yven, Auriane Serval, Yoluène Massey et Njaratiana Rabearisoa).

Au cours des tests, les plongeurs ont déclenché 6 dispositifs sous l’eau en simulant une capture de poisson à l’extrémité de l’avançon, et ont filmé leur comportement. Plusieurs critères ont été évalués pour chaque prototype au cours de ces expérimentations : déclenchement, manipulation, descente, couverture du poisson, rangement,… Les résultats issus de ces tests seront consignés dans un rapport qui sera mis en ligne sur le site prochainement.

 

L’équipe PARADEP tient à remercier toutes les personnes pré-citées, qui ont permis que les expérimentations se déroulent dans les meilleures conditions.

Stage de Chloé YVEN

 

 

 

 

 

 

Chloé YVEN est étudiante en 3è année Génie de l’environnement marin à l’Institut National des Sciences et Techniques de la Mer (Intechmer) à Tourlaville. En raison de la crise sanitaire liée au coronavirus, elle a débuté son stage en télétravail début mai, et a rejoint l’équipe PARADEP en présentiel fin juin à Sète. Son sujet de stage porte sur la conception des filets de protection de la version 3 des dispositifs anti-déprédation et leurs tests sur le terrain au large de Sète. Si l’occasion se présente, elle embarquera également sur des palangriers de la région pour tester les dispositifs en conditions de pêche. Elle terminera son stage le 4 septembre 2020.

 

 

 

 

 

 

10/03/2020 : Une présentation du projet PARADEP a eu lieu au Lycée de la Mer (http://www.lyceedelamer.fr/) auprès d’une classe de BTS en Pêche et Gestion de l’Environnement Marin.

Lycée de la Mer Paul Bousquet – Sète

Au cours de cette intervention d’une heure et demie, Auriane et Njaratiana ont présenté les résultats sur l’ampleur de la déprédation dans l’Océan Indien, la perception de ce phénomène par les pêcheurs réunionnais et les solutions mises en oeuvre pour réduire les impacts de la déprédation, avec un accent mis sur les actions menées dans le cadre de PARADEP. Les différentes versions des prototypes de dispositifs anti-déprédation testées dans le cadre du projet ont également été présentées aux élèves.

Un extrait de la présentation d’Auriane est visible à ce lien.

Un grand merci à Alexandre Castillo et Clément Calmettes, enseignants au Lycée de la Mer, pour leur accueil chaleureux lors de cette intervention.

 

 

 

 

 

 

La version 2 des dispositifs anti-déprédation a été testée les 25 et 26 février 2020. Les nouveaux prototypes ont inclus une partie des modifications demandées à la fin des tests de la version 1 : les voiles en lin ont été remplacées par une combinaison de filets maillants en monofilament et de tissu en ramie, le support mobile a été remplacé par un tore métallique qui sert également de système de déclenchement, le système de fixation de l’étui à l’avançon a été remplacé par une pince ressort à l’arrière de l’étui, le système de lestage des voiles a été revu et le système d’ouverture de l’étui a été modifié.

Version 2 du prototype anti-déprédation

La première partie des tests s’est déroulée dans la fosse nautique Nemausa à Nîmes (https://www.vert-marine.com/nemausa-nimes-30/). Au cours de cette journée, 3 plongeurs équipés de caméras ont filmé le déploiement des dispositifs et leur descente le long de l’avançon. La seconde partie des tests s’est déroulée à bord d’une embarcation sur la lagune de Thau. Au cours de cette journée, un palangre expérimentale équipée des dispositifs a été mise à l’eau. L’objectif de ces deux journées de tests a été d’évaluer le comportement du dispositif lors de l’accrochage sur la ligne et du filage, d’analyser son déploiement (déclenchement, fluidité de la descente le long de l’avançon), la protection des voiles au moyen de moulages de poisson (déploiement et mise en place des voiles), son comportement lors du virage, l’impact de la vitesse du bateau sur le déclenchement intempestif, et le rangement du dispositif.

Configuration des expérimentations en fosse (Schéma : A. Serval)

Configuration des expérimentations sur la lagune (Schéma : A. Serval)

 

Déroulement des expérimentations dans la fosse nautique et sur la lagune de Thau

 

Ces essais ont révélé d’autres points à corriger avant d’arriver à une version pleinement opérationnelle. Nous  sommes actuellement en train de conceptualiser d’autres modifications à apporter au prototype et qui nous conduira à la version 3, qui sera testée prochainement. Nous nous concentrons en particulier sur les matériaux à utiliser pour la conception des voiles de protection, ainsi que la miniaturisation de l’étui et l’amélioration du système de déclenchement.

Les pilotes du projet PARADEP souhaitent remercier Auriane SERVAL, stagiaire de l’Université de Montpellier, qui s’est pleinement investie dans la mise en œuvre de ces tests, ainsi que les différents acteurs qui ont participé à ces essais. Pour les manipulations en piscine, nous remercions les 3 plongeurs : Emilie Boulanger, Romain Bach et Jules Héliou. Marc Soria pour son aide au cours des manipulations sur le bord du bassin. Luc Markiw, caméraman au service Images IRD d’avoir prêté son matériel vidéo pour filmer les manipulations. Ilan Perez pour nous avoir aidé au cours des manipulations sur le bateau. Romain Gros, de l’Université de Montpellier, qui a aidé à la logistique des expérimentations sur la lagune de Thau. Merci également au personnel du centre nautique Nemausa pour leur accueil, en particulier à Guillaume Barbotin et Annabelle Bonin.

03/02/2020 : Début du stage de Auriane SERVAL (L3 Ecologie Bologie des Organismes, Université de Montpellier).

Sujet : Suivi des tests d’un dispositif visant à réduire la déprédation par les mammifères marins en interaction avec les pêcheries palangrières pélagiques

Contenu du stage :

Partie 1 : Sète (Février-Mars)

  • Bibliographie
  • Mise en place d’un protocole scientifique
  • Tests de la deuxième version des prototypes de dispositifs anti-déprédation en fosse de plongée
  • Analyse du comportement des dispositifs

 

Partie 2 : La Réunion (Avril-Juillet)

  • Mise en place d’un protocole scientifique
  • Tests de la version finale des prototypes de dispositifs anti-déprédation au cours d’embarquements à bord de palangriers pélagiques
  • Collecte et saisie des données
  • Analyse du comportement des dispositifs
  • Entretiens avec les pêcheurs sur leur perception de l’utilisation des dispositifs

Encadrement : N. Rabearisoa, P. Bach

Durée : 6 mois

Lieu : IRD MARBEC, Sète et NEXA (Le Port, La Réunion)

 

Le projet PARADEP a été présenté à la conférence biennale WMMC (World Marine Mammal Conference, https://www.wmmconference.org/) organisée par la Society for Marine Mammalogy (SMM) et l’European Cetacean Society (ECS) en Décembre 2019 à Barcelone. Cette conférence internationale vise à rassembler les chercheurs, étudiants et industriels travaillant sur des sujets très divers ayant trait aux mammifères marins (écologie, comportement, conservation, physiologie…). Au total, environ 600 présentations orales et 1000 posters ont été présentés durant ce symposium, qui a vu la participation de près de 2500 personnes.

Dans ce cadre, le projet PARADEP a été présenté sous forme de poster dans la catégorie « Interactions entre les mammifères marins et les pêcheries ». Le poster s’est particulièrement concentré sur les prototypes préliminaires et leurs tests en milieu naturel, à l’aide de projections de vidéos et des dispositifs physiques. Des contacts intéressants avec d’autres équipes travaillant sur des sujets similaires ont été pris durant cette conférence. Le poster est téléchargeable sur ce lien.

 

 

 

 

 

 

Les premiers tests de dispositifs anti-déprédation ont eu lieu en mer au large de Sète, sur le site du brise-lame, les 02 et 07 août 2019. Des agents IRD, IFREMER et SATIM ont participé à ces expérimentations qui se sont déroulées à bord d’une embarcation IFREMER. L’objectif de ces tests a été de tester deux prototypes de dispositifs (dénommés « A » et « B ») dans un plan d’eau de 20m d’eau. Huit avançons, équipés des prototypes ont été accrochés sur une palangre expérimentale de 35m. Des loups et des merlus ont été accrochés à chaque hameçon afin de simuler le poisson capturé. Quatre prototypes A et quatre prototypes B ont été testés. Une fois la ligne équipée des avançons et des dispositifs mis à l’eau, deux plongeurs se sont mis à l’eau et ont tiré séquentiellement sur les avançons pour simuler la traction exercée par la capture et déclencher chaque dispositif. Les plongeurs étaient équipés de caméras pour filmer le déclenchement de chaque dispositif jusqu’à sa descente sur le poisson. Cinq filages de la palangre expérimentale ont été effectués, correspondant à 40 déclenchements de dispositifs.

Configuration de la palangre expérimentale équipée des 4 dispositifs A et des 4 dispositifs B

 

Equipage à bord du Chlamys

Plongeur se dirigeant vers la palangre expérimentale

 

Dispositif A :

Le dispositif A se compose d’un support mobile métallique sur lequel 4 voiles en lin sont accrochées. L’étui, qui s’accroche à l’attache reliant l’avançon à la ligne-mère, se compose de compartiments destinés à loger les voiles. Le support mobile se verrouille sur l’étui au moyen de « pattes ». L’avançon passe à travers le dispositif, ainsi qu’à travers un carré métallique de déverrouillage qui appuie sur le support métallique lorsqu’un poisson exerce une traction sur le fil en nylon. Cette action déclenche la libération du support mobile et des voiles qui coulissent alors le long de l’avançon jusqu’au poisson.

Dispositif A

 

 

Dispositif B :

Le dispositif B se compose d’un étui cylindrique creux qui s’accroche à l’attache reliant l’avançon à la ligne-mère. Le support mobile, qui s’insère dans cet étui, se compose des loges destinés à ranger les voiles. Les 4 voiles en lin sont accrochées à la base du support mobile. L’avançon passe à travers le dispositif, ainsi qu’à travers un carré métallique de déverrouillage qui appuie sur le support métallique lorsqu’un poisson exerce une traction sur le fil en nylon. Cette action déclenche la libération du support mobile et des voiles qui coulissent alors le long de l’avançon jusqu’au poisson. A la différence du dispositif A, les voiles restent dans leur loge lors de la descente le long de l’avançon, et en sont extraites avec le courant et/ou avec le mouvement du poisson.

Dispositif B

 

A l’issue des tests, les vidéos enregistrées ont permis d’analyser le comportement des dispositifs. Différents critères ont été évalués pour les deux dispositifs : le comportement au filage, le fonctionnement du système de déclenchement, la vitesse et la fluidité de la descente le long de l’avançon, le déploiement des voiles, la protection du poisson par les voiles, l’emmêlement des voiles entre elles ou avec l’avançon, le comportement au virage et le système de rangement.

L’évaluation de ces différents points a conduit aux critères de satisfaction ci-dessous :

Récapitulatif des critères de satisfaction des paramètres évalués (1 : très peu satisfaisant, 2 : peu satisfaisant, 3 : moyennement satisfaisant, 4 : plutôt satisfaisant, 5 : satisfaisant)

 

Le rapport de ces premiers tests est disponible ici.

Les premiers résultats sont encourageants, mais des modifications doivent encore être apportées avant la validation des prototypes. Une deuxième série de tests sera donc programmée fin 2019-début 2020 pour réévaluer le comportement des dispositifs modifiés avant le développement en série en vue d’un déploiement sur les palangriers pour les tests en conditions de pêche.

 

 

 

 

 

 

 

 

Du 11 juin au 19 juin 2019, Marc SORIA, ingénieur acousticien du projet PARADEP, a embarqué à bord du Vétyver 6 (palangrier pélagique réunionnais de 16 m de long de l’armement ENEZ Pêche). L’objectif de cette mission était d’améliorer nos connaissances sur le comportement des odontocètes impliqués dans la déprédation autour du bateau. Pour mener cette mission, 24 accéléromètres (placés sur les bas de ligne), 6 hydrophones et 2 caméras (placés sur la ligne-mère) ont été déployés à chaque filage afin d’enregistrer des vidéos de ces animaux en interaction avec la ligne. Les enregistrements effectués par ces instruments devraient permettre d’analyser la présence et le comportement des globicéphales tropicaux et des faux-orques au cours des phases de déprédation des palangres pélagiques afin de mieux cerner les périodes de déprédation, le mode de détection des lignes et le mode de déprédation des proies.

Hydrophone ST300HF 200 mm L x 60 mm D (A), caméra PARALENZ 116 mm L x 38 mm D avec son gréement (snap) (B) et accéléromètre DEEPG+ (C)

 

Déroulement de la mission

La mission s’est déroulée du 11 au 19 juin 2019, dans une zone de pêche située à environ 100 milles au sud de La Réunion. Six filages de palangre ont été effectués, avec un déploiement du matériel d’enregistrement acoustique et visuel. Les opérations de pêche se sont déroulées comme suit : filage de la ligne de 17h à 21h30, virage de la ligne de 5h à 13h (ou 15h selon le nombre de captures). 90km de ligne étaient mis à l’eau, avec un total de 840 hameçons appâtés avec du calmar.

Localisation de la zone de pêche

 

Le déploiement des appareils a suivi un plan d’échantillonnage systématique. Les deux caméras sont déployées au début du filage après la bouée de tête de ligne afin d’avoir le plus d’enregistrements de jour. Les 6 hydrophones sont déployés sur les orins des 6 premières bouées de section à environ 6 à 7 mètres de la ligne mère. Les 24 accéléromètres sont déployés de part et d’autres des hydrophones.

Filage de la ligne

 

Immersion de la caméra

 

Vue sous-marine enregistrée par la caméra

 

Résultats

Les espèces ciblées capturées ont été principalement le thon jaune, le germon, le thon obèse et l’espadon. Environ 600 kg de poissons ont été capturés par jour. Malheureusement, aucun globicéphale n’a été vu pendant la campagne et aucune trace de déprédation par des mammifères marins n’a été observée sur les prises.

Captures d’un thon et d’un espadon

 

Thon déprédaté par un requin

Le traitement des données est en cours. Dans un premier temps nous échantillonnerons : les enregistrements des hydrophones pour tenter de déceler des « clicks » de globicéphales témoins de leur présence, et les enregistrements des accéléromètres pour déceler des secousses témoins de captures sur les bas de lignes aux dates et positions sur la ligne des prises notées. Bien qu’aucun globicéphale ou faux-orque ni de marques de déprédation de mammifères marins n’ait été observé, les données seront tout de même exploitées. En effet, il est possible que l’on ait enregistré des sons émis par des mammifères marins ayant évolué à proximité de la ligne (mais sans l’avoir déprédaté et/ou détecté). Il est aussi possible que nous ayons enregistré des sons émis par les thons et les espadons et nous tenterons de les isoler des enregistrements comme les images éventuelles que nous aurions pu enregistrer avec les caméras.

 

 

02/08/2019 & 07/08/2019 : Premiers tests des prototypes de dispositifs anti-déprédation

Les premiers prototypes de dispositifs anti-déprédation vont être testés en mer, dans une zone de faible profondeur au large de Sète au cours de deux jours d’expérimentations. Ces expérimentations seront menées à bord d’embarcations de l’IFREMER. 8 exemplaires de 2 prototypes différents seront mis à l’eau sur une palangre expérimentale. Des plongeurs les déclencheront sous l’eau et enregistreront leur comportement à l’aide de caméras sous-marines. Des données sur les caractéristiques de déclenchement et de déploiement des dispositifs seront exhaustivement collectées.

Plus d’informations à venir dans le prochain article !

Tournage documentaire

13-14/06/2019 : Tournage du documentaire sur la genèse du projet et du dispositif anti-déprédation

Dans le cadre d’une réunion de travail dans les locaux de la SATIM (Niort) sur le suivi de la conception du dispositif, Luc MARKIW (service Images IRD) était présent pour filmer le travail d’usinage du prototype et interviewer les différents acteurs du projet. Ces premières images feront partie d’un film documentaire sur le projet PARADEP, qui relatera son déroulement, depuis sa genèse jusqu’aux tests en conditions réelles du prototype final, en passant par les différentes étapes de sa conception.

 

Luc MARKIW

10/06/2019 : Mission préliminaire d’enregistrements acoustiques au cours d’une marée commerciale

Marc SORIA, ingénieur acousticien impliqué dans le projet PARADEP, embarquera le 10/06/2019 à bord du Vétyver 6 (armement ENEZ) pour une marée commerciale de 15 jours dans les eaux de La Réunion. L’objectif de sa mission sera de déployer des hydrophones, des accéléromètres et des caméras sur la palangre afin d’enregistrer les signaux acoustiques renvoyés par les mammifères marins qui pourraient évoluer à proximité de la ligne, en particulier ceux impliqués dans la déprédation. Il couplera ces enregistrements à des prises de vues lorsque cela sera possible, afin de pouvoir associer des signaux acoustiques à des observations visuelles de mammifères marins. Ces enregistrements permettront d’étudier le comportement acoustique des mammifères marins en situation (ou non) de déprédation.

L’objectif de cette mission est d’appréhender le déploiement de matériel acoustique au cours de marées commerciales. En effet, lors des futurs tests des prototypes de dispositifs anti-déprédation, le même protocole sera mis en oeuvre afin de mieux comprendre le processus de déprédation et évaluer l’efficacité des dispositifs..

08/04/2019 : Début du stage de Sara BOUTAAM (M2 Mécanique des structures composites : Aéronautique et éco-conception, Université Paris Nanterre).

Sujet : Réflexion sur la conception technologique d’un dispositif visant à réduire la déprédation par les mammifères marins en interaction avec les pêcheries palangrières pélagiques.

Contenu du stage :

  • Bibliographie et prise en main du sujet
  • Conception des prototypes
  • Tests des prototypes in-situ si possible

Encadrement : N. Rabearisoa, P. Bach, P. Vidal (Laboratoire Énergétique Mécanique Électromagnétisme, Université Paris Nanterre), E. Valot (Laboratoire Énergétique Mécanique Électromagnétisme, Université Paris Nanterre).

Durée : 5 mois

Lieu : LEME Paris Nanterre et IRD MARBEC Sète

 

Lancement des travaux de développement du dispositif anti-déprédation

Intitulé de la prestation : « Prestation de développement de dispositifs de protection physique des captures destinés à lutter contre la déprédation par les mammifères marins sur les palangriers pélagiques ».

Entreprise retenue : SATIM exploitation (http://www.satim.fr/satim-exploitation.php)

 

Réunion entre les partenaires du projet :

  • IRD (P. Bach, M. Soria, N. Rabearisoa)
  • CEBC CNRS (C. Guinet)
  • ENEZ DU (P. Guérin)

Lieu : Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris)

Début du projet PARADEP

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