Les premiers tests de dispositifs anti-déprédation ont eu lieu en mer au large de Sète, sur le site du brise-lame, les 02 et 07 août 2019. Des agents IRD, IFREMER et SATIM ont participé à ces expérimentations qui se sont déroulées à bord d’une embarcation IFREMER. L’objectif de ces tests a été de tester deux prototypes de dispositifs (dénommés « A » et « B ») dans un plan d’eau de 20m d’eau. Huit avançons, équipés des prototypes ont été accrochés sur une palangre expérimentale de 35m. Des loups et des merlus ont été accrochés à chaque hameçon afin de simuler le poisson capturé. Quatre prototypes A et quatre prototypes B ont été testés. Une fois la ligne équipée des avançons et des dispositifs mis à l’eau, deux plongeurs se sont mis à l’eau et ont tiré séquentiellement sur les avançons pour simuler la traction exercée par la capture et déclencher chaque dispositif. Les plongeurs étaient équipés de caméras pour filmer le déclenchement de chaque dispositif jusqu’à sa descente sur le poisson. Cinq filages de la palangre expérimentale ont été effectués, correspondant à 40 déclenchements de dispositifs.

Configuration de la palangre expérimentale équipée des 4 dispositifs A et des 4 dispositifs B

 

Equipage à bord du Chlamys

Plongeur se dirigeant vers la palangre expérimentale

 

Dispositif A :

Le dispositif A se compose d’un support mobile métallique sur lequel 4 voiles en lin sont accrochées. L’étui, qui s’accroche à l’attache reliant l’avançon à la ligne-mère, se compose de compartiments destinés à loger les voiles. Le support mobile se verrouille sur l’étui au moyen de « pattes ». L’avançon passe à travers le dispositif, ainsi qu’à travers un carré métallique de déverrouillage qui appuie sur le support métallique lorsqu’un poisson exerce une traction sur le fil en nylon. Cette action déclenche la libération du support mobile et des voiles qui coulissent alors le long de l’avançon jusqu’au poisson.

Dispositif A

 

 

Dispositif B :

Le dispositif B se compose d’un étui cylindrique creux qui s’accroche à l’attache reliant l’avançon à la ligne-mère. Le support mobile, qui s’insère dans cet étui, se compose des loges destinés à ranger les voiles. Les 4 voiles en lin sont accrochées à la base du support mobile. L’avançon passe à travers le dispositif, ainsi qu’à travers un carré métallique de déverrouillage qui appuie sur le support métallique lorsqu’un poisson exerce une traction sur le fil en nylon. Cette action déclenche la libération du support mobile et des voiles qui coulissent alors le long de l’avançon jusqu’au poisson. A la différence du dispositif A, les voiles restent dans leur loge lors de la descente le long de l’avançon, et en sont extraites avec le courant et/ou avec le mouvement du poisson.

Dispositif B

 

A l’issue des tests, les vidéos enregistrées ont permis d’analyser le comportement des dispositifs. Différents critères ont été évalués pour les deux dispositifs : le comportement au filage, le fonctionnement du système de déclenchement, la vitesse et la fluidité de la descente le long de l’avançon, le déploiement des voiles, la protection du poisson par les voiles, l’emmêlement des voiles entre elles ou avec l’avançon, le comportement au virage et le système de rangement.

L’évaluation de ces différents points a conduit aux critères de satisfaction ci-dessous :

Récapitulatif des critères de satisfaction des paramètres évalués (1 : très peu satisfaisant, 2 : peu satisfaisant, 3 : moyennement satisfaisant, 4 : plutôt satisfaisant, 5 : satisfaisant)

 

Les premiers résultats sont encourageants, mais des modifications doivent encore être apportées avant la validation des prototypes. Une deuxième série de tests sera donc programmée fin 2019-début 2020 pour réévaluer le comportement des dispositifs modifiés avant le développement en série en vue d’un déploiement sur les palangriers pour les tests en conditions de pêche.

 

 

 

 

 

 

 

Du 11 juin au 19 juin 2019, Marc SORIA, ingénieur acousticien du projet PARADEP, a embarqué à bord du Vétyver 6 (palangrier pélagique réunionnais de 16 m de long de l’armement ENEZ Pêche). L’objectif de cette mission était d’améliorer nos connaissances sur le comportement des odontocètes impliqués dans la déprédation autour du bateau. Pour mener cette mission, 24 accéléromètres (placés sur les bas de ligne), 6 hydrophones et 2 caméras (placés sur la ligne-mère) ont été déployés à chaque filage afin d’enregistrer des vidéos de ces animaux en interaction avec la ligne. Les enregistrements effectués par ces instruments devraient permettre d’analyser la présence et le comportement des globicéphales tropicaux et des faux-orques au cours des phases de déprédation des palangres pélagiques afin de mieux cerner les périodes de déprédation, le mode de détection des lignes et le mode de déprédation des proies.

Hydrophone ST300HF 200 mm L x 60 mm D (A), caméra PARALENZ 116 mm L x 38 mm D avec son gréement (snap) (B) et accéléromètre DEEPG+ (C)

 

Déroulement de la mission

La mission s’est déroulée du 11 au 19 juin 2019, dans une zone de pêche située à environ 100 milles au sud de La Réunion. Six filages de palangre ont été effectués, avec un déploiement du matériel d’enregistrement acoustique et visuel. Les opérations de pêche se sont déroulées comme suit : filage de la ligne de 17h à 21h30, virage de la ligne de 5h à 13h (ou 15h selon le nombre de captures). 90km de ligne étaient mis à l’eau, avec un total de 840 hameçons appâtés avec du calmar.

Localisation de la zone de pêche

 

Le déploiement des appareils a suivi un plan d’échantillonnage systématique. Les deux caméras sont déployées au début du filage après la bouée de tête de ligne afin d’avoir le plus d’enregistrements de jour. Les 6 hydrophones sont déployés sur les orins des 6 premières bouées de section à environ 6 à 7 mètres de la ligne mère. Les 24 accéléromètres sont déployés de part et d’autres des hydrophones.

Filage de la ligne

 

Immersion de la caméra

 

Vue sous-marine enregistrée par la caméra

 

Résultats

Les espèces ciblées capturées ont été principalement le thon jaune, le germon, le thon obèse et l’espadon. Environ 600 kg de poissons ont été capturés par jour. Malheureusement, aucun globicéphale n’a été vu pendant la campagne et aucune trace de déprédation par des mammifères marins n’a été observée sur les prises.

Captures d’un thon et d’un espadon

 

Thon déprédaté par un requin

Le traitement des données est en cours. Dans un premier temps nous échantillonnerons : les enregistrements des hydrophones pour tenter de déceler des « clicks » de globicéphales témoins de leur présence, et les enregistrements des accéléromètres pour déceler des secousses témoins de captures sur les bas de lignes aux dates et positions sur la ligne des prises notées. Bien qu’aucun globicéphale ou faux-orque ni de marques de déprédation de mammifères marins n’ait été observé, les données seront tout de même exploitées. En effet, il est possible que l’on ait enregistré des sons émis par des mammifères marins ayant évolué à proximité de la ligne (mais sans l’avoir déprédaté et/ou détecté). Il est aussi possible que nous ayons enregistré des sons émis par les thons et les espadons et nous tenterons de les isoler des enregistrements comme les images éventuelles que nous aurions pu enregistrer avec les caméras.

 

 

02/08/2019 & 07/08/2019 : Premiers tests des prototypes de dispositifs anti-déprédation

Les premiers prototypes de dispositifs anti-déprédation vont être testés en mer, dans une zone de faible profondeur au large de Sète au cours de deux jours d’expérimentations. Ces expérimentations seront menées à bord d’embarcations de l’IFREMER. 8 exemplaires de 2 prototypes différents seront mis à l’eau sur une palangre expérimentale. Des plongeurs les déclencheront sous l’eau et enregistreront leur comportement à l’aide de caméras sous-marines. Des données sur les caractéristiques de déclenchement et de déploiement des dispositifs seront exhaustivement collectées.

Plus d’informations à venir dans le prochain article !

Tournage documentaire

13-14/06/2019 : Tournage du documentaire sur la genèse du projet et du dispositif anti-déprédation

Dans le cadre d’une réunion de travail dans les locaux de la SATIM (Niort) sur le suivi de la conception du dispositif, Luc MARKIW (service Images IRD) était présent pour filmer le travail d’usinage du prototype et interviewer les différents acteurs du projet. Ces premières images feront partie d’un film documentaire sur le projet PARADEP, qui relatera son déroulement, depuis sa genèse jusqu’aux tests en conditions réelles du prototype final, en passant par les différentes étapes de sa conception.

 

Luc MARKIW

10/06/2019 : Mission préliminaire d’enregistrements acoustiques au cours d’une marée commerciale

Marc SORIA, ingénieur acousticien impliqué dans le projet PARADEP, embarquera le 10/06/2019 à bord du Vétyver 6 (armement ENEZ) pour une marée commerciale de 15 jours dans les eaux de La Réunion. L’objectif de sa mission sera de déployer des hydrophones, des accéléromètres et des caméras sur la palangre afin d’enregistrer les signaux acoustiques renvoyés par les mammifères marins qui pourraient évoluer à proximité de la ligne, en particulier ceux impliqués dans la déprédation. Il couplera ces enregistrements à des prises de vues lorsque cela sera possible, afin de pouvoir associer des signaux acoustiques à des observations visuelles de mammifères marins. Ces enregistrements permettront d’étudier le comportement acoustique des mammifères marins en situation (ou non) de déprédation.

L’objectif de cette mission est d’appréhender le déploiement de matériel acoustique au cours de marées commerciales. En effet, lors des futurs tests des prototypes de dispositifs anti-déprédation, le même protocole sera mis en oeuvre afin de mieux comprendre le processus de déprédation et évaluer l’efficacité des dispositifs..

08/04/2019 : Début du stage de Sara BOUTAAM (M2 Mécanique des structures composites : Aéronautique et éco-conception, Université Paris Nanterre).

Sujet : Réflexion sur la conception technologique d’un dispositif visant à réduire la déprédation par les mammifères marins en interaction avec les pêcheries palangrières pélagiques.

Contenu du stage :

  • Bibliographie et prise en main du sujet
  • Conception des prototypes
  • Tests des prototypes in-situ si possible

Encadrement : N. Rabearisoa, P. Bach, P. Vidal (Laboratoire Énergétique Mécanique Électromagnétisme, Université Paris Nanterre), E. Valot (Laboratoire Énergétique Mécanique Électromagnétisme, Université Paris Nanterre).

Durée : 5 mois

Lieu : LEME Paris Nanterre et IRD MARBEC Sète

 

Lancement des travaux de développement du dispositif anti-déprédation

Intitulé de la prestation : « Prestation de développement de dispositifs de protection physique des captures destinés à lutter contre la déprédation par les mammifères marins sur les palangriers pélagiques ».

Entreprise retenue : SATIM exploitation (http://www.satim.fr/satim-exploitation.php)

 

Réunion entre les partenaires du projet :

  • IRD (P. Bach, M. Soria, N. Rabearisoa)
  • CEBC CNRS (C. Guinet)
  • ENEZ DU (P. Guérin)

Lieu : Muséum National d’Histoire Naturelle (Paris)

Début du projet PARADEP

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